Je m'appelle Guillaume, amateur de musique electro et tekno.j'ai d'ailleurs ma propre compo que je vais tenter de vous faire découvrir.
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Comment s’insulte-t-on dans les langues européennes ? Y a-t-il des insultes fossiles ? L’insulte est-elle révélatrice d’un état de société ? Les responsables linguistiques de différents centres culturels à Paris, se sont penchés sur ces questions dans le cadre du Forum des langues européennes.
Insulte - un mot difficile à traduire. En allemand le mot « Beleidigung », ne couvre pas toutes les fines nuances du mot français. Cependant, même s’il n’existe pas équivalent direct, il existe, comme dans toutes les langues, un tas de « Beleidigungen » possibles ; des petites et des grandes, des légères et des graves. Il y a les insultes convenables et celles que la bonne éducation interdit de prononcer. Certaines font allusion à d’autres pays européens ; outre-Rhin,elles ne sont naturellement pas des insultes réelles, mais elles peuvent être perçues comme telles.
En allemand, on dit par exemple que quelque chose nous« semble espagnol » quand quelque chose paraît louche. Das kommt mir spanisch vor
Et on n’hésite pas non plus, en Allemagne, à se lancer des insultes au niveau régional. Wessis (les Allemands de l’ouest) et Ossis (les Allemands de l’est) par exemple.
Le mot idiot est valable pour tout le monde, mais en particulier pour les hommes.
Tout un chapelet d’injures extraites du roman phare de Cervantès, pour fêter le quadricentenaire de Don Quichotte.
Almario de embustes, falsario, (menteur), animal,atrevido (osé), baja canalla (crapule), belitre (bête), bellaco (coquin), bellacuelo, bergante (chenapan), cobarde (lâche), descompuesto, deslenguado (insolent), depositario de mentiras, desuellacaras (fripon), embelecador (cajoleur), faquín (malotru), fementido (faux cul), follón (canaille), gañán (rustre), hideperro, hideputa, hijo de puta (fils de pute), infacundo (renfermé), infame (infâme), ignorante, inventor de maldades, ladrón (voleur), majadero (imbécile), malandrín, maldicente, maldito (maudit), mal mirado, mentecato (sot), monstruo de la naturaleza, murmurador (médisant), pazpuerca (sale), prevaricador del buen lenguaje, publicador de sandeces,puto, quimerista (chimérique), ruin, sacapotras (arracheur), sandio (crétin), silo de bellaquerías, soez, (grossier), traidor (traître), traidor blasfemo, traidor escrupuloso, vil (bas), villano.
L’injure est une éjaculation spontanée, une pénétration douloureuse qui révèle les secrets cachés d’un peuple. L’injure est masculine, mais les femmes d’aujourd’hui l’ont intégrée et utilisent des stéréotypes masculins. Comme les femmes n’avaient pas droit aux décisions, elles s’en remettaient aux malédictions et déléguaient Dieu ou le destin pour intervenir à leur place. Ainsi une femme italienne peut dire : « non mi rompere il cazzo » même si elle n’est pas dotée de cet accessoire. Seulement en Argentine, les jeunes femmes parfois disent « se me caen las tetas » (« j’ai les seins qui tombent » pour « j’en ai plein les pattes »).
Le clou de l’injure italienne est le mot « cazzo », le sexe masculin. Ce mot dérive du nom d’une casserole avec un manche très long. En latin, il y avait deux mots pour le sexe de l’home : « mentula », au repos, et « fascinum » (fascination) pour le membre en érection. Le mot « cazzo » règne de nos jours à cause du culte de Priape dont le membre, bien visible, protégeait les vergers et les maisons à l’époque romaine. Il se retrouve sur les places d’aujourd’hui dans les bornes, qui en Italie, ont toutes une forme phallique. En Italie, à l’époque romaine, cette forme était très répandue : à Pompéi, les sonnettes des portes en bronze, avaient souvent une forme phallique.
Le sexe masculin, en italien, assume une signification négative : « testa di cazzo », tête debite, ou « a cazzo di cane », travail bâclé, chose faite comme la bite d’un chien, « cazziamari » bites amères, tu auras des problèmes. Et « rompi cazzo » signifie casse pied. Le sexe féminin, qui est toujours négatif, est partout utilisé comme souillure. Sauf en Italie. L’Italien méprise le cul, mais il aime les fesses : « un spettacolo da culo » pour un spectacle mauvais et insignifiant, sans aucune connotation pornographique. « Fica » ou figa, selon les régions, a comme dérivation « che figa ! », qu’est-ce que (ou beau) ou « bella figa » pour quelle belle fille. Donc il sublime le sexe féminin.
Les langues s’adaptent aussi aux temps modernes : "Je vais te casser la rotule et j’en ferai une souris pour ordinateur" devient une insulte à la mode.
L’injure est graduée pr spécialités. Ainsi, Domkop pour andouille ou Oliebol croûton (oliebol = friandise : genre de beignet frit à l’huile), dans le registre culinaire, restent acceptables.
L’injure avec partie du corps monte d’un degré la vachardise. Ainsi, Droplul salaud, connard (droplul = pine de réglisse) ou Rotzak peau de vache (rot = vilain, pourriture / zak = couilles) sont remarquables.
il semblerait que soit emprunté au yiddish la spécialité d’insultes créatives (sic) en utilisant des maladies. Ainsi de Kankerhoer, pute de cancer et Krijg de k(o)lere ! : va te faire mettre (attrape le choléra). Il pleut se traduit en néerlandais en : "quel temps de variole !"
Enfin, une injure à ne pas mettre entre toutes les lèvres, pour cause d’utilisation à double sens : Flikker pour pédé.
Peuple maritime, peuple agricole, les Portugais font appel à leurs profondes racines géo-culturelles pour les expressions de l’insulte ou du juron. Détenteurs d’un empire de cinq siècles en Afrique, en Inde et de quatre siècles au Brésil, quelques expressions héritées de cet autre environnement entrent dans le vocabulaire portugais. Actuellement, la complexité du mélange de populations venues des anciennes colonies africaines et d’une culture télévisuelle violente à l’américaine font entrer dans la langage "vulgaire" portugais tout un lot de nouvelles expressions nées de ce "métissage". Enfin, l’insulte qui fait appel au sexe ou aux organes génitaux est plutôt masculine en portugaisalors qu’elle est plutôt féminine en français. Le "con’ ne désigne-t-il pas le sexe féminin, par opposition au ’vit" ?
L’environnement quotidien est un vivier de métaphores. Exemple le potager : "Vai à fava" (va voir les fèves = fous le camp). Les habitudes des lieux coloniaux. Exemple : "levas nastrombas" (on va te cogner la trompe = cogner la gueule). Le juron ou l’insulte à caractère sexuel. Exemple "caralho !" (bite, alors qu’en France on se serait exclamé : "putain !").
Pour la bonne bouche, quelques mots d’oiseaux un brin élaborés en finnois :
Senkin autodidakti hullu ! (espèce de fou autodidacte) - Vietävän ruttolainen puoliapinan varjokuva ! (ombre d’un sale lémurien pestiféré) - Halvatun psykopaatti homidi ! (espèce de primate psychopathe) - Mokoma torvelo roisto ! (sale crapule idiote)
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