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A Saint Petersbourg
La neige tombe
C'est Dieu qui pleure
L'histoire du monde
Des perles qui tombent
Comme si le sang du ciel
Couvrait le siècle rouge
D'un drapeau blanc

A Saint Petersbourg
La neige tombe
Pour panser de coton
Le pauvre monde
Mais le monde c'est les hommes
Les pays, les bons dieux
Et les perles qui tombent
Et qui vous montent au yeux

A Saint Petersbourg
On a perdu la guerre
Pas celle des canons
Mais celle des idées
Y'a Olga la blonde
Celle qu'on appelle espoir
Et celle qui éspère
De refaire le monde
Un monde fait de lumière
Et de neige en été
Et de soleil d'hiver
Et de nuit d'amour

A Saint Petersbourg
Moi je n'irai jamais
Plus je te regarde
Et plus je sais
Que je t'aimes
Ma princesse
Mon ailleurs
Mon Amour
Puisque l'âme est la richesse
A Saint Petersbourg

A Saint Petersbourg
La neige tombe
C'est Dieu qui pleure
Le sang du monde
Mais y'a Olga la blonde
Celle qu'on appelle espoir
Et celle qui éspère
De refaire le monde
Un monde fait de lumières
Et de neige en été
Et de soleil d'hiver
Et de nuit d'amour.

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Artistes musicaux

Jeudi 9 février 2006

Jeff Mills

  

 

 

 

 

Enfant de Detroit, Jeff Mills commence par faire de la techno sans le savoir: alors qu’il travaille pour une radio, il apprend à passer un maximum de morceaux dans un minimum de temps, avec trois platines à sa disposition. Un DJ est né.

Parmi la génération d'artistes issue des pionniers de la techno à Detroit à la fin des années 80, il n'y a qu'un seul producteur qui soit arrivé à atteindre le titre de star populaire tout en conservant la reconnaissance de ses pairs : Jeff Mills.
Aux côtés de " Mad Mike " Banks, obscur fondateur du mythique "Underground Resistance", l'un des labels les plus respectés de cette sphère, il pose les premières pierres de ce genre en devenir qui caractérise un véritable renouveau musical dans le sillage de "Kraftwerk" en Allemagne.


Près de vingt ans plus tard, alors qu'un grand nombre de ses pairs a préféré rester dans l'ombre en refusant toute compromission commerciale, il est plus que jamais l'un des artistes majeurs de ce mouvement. Jeff Mills a su rester indépendant grâce à son label Axis, créé en 1991, sur lequel il n'a jamais cessé de produire ses compositions uniques et intemporelles de musique électronique inspirées par la science-fiction. C'est aussi par ce biais et avec détermination qu'il a réussit à exporter son univers sonore aux quatre coins du globe par l'intermédiaire de ses sets de dj étourdissants. Discret et cultivé, l'homme élargit également son champ d'action à la composition de bandes originales de films, comme sa récente relecture du classique de Fritz Lang , "Metropolis", présenté en 2001 au Centre Georges Pompidou à Paris, puis dans les musées et salles de spectacle du monde entier, ou ses collaborations photographiques à quelques expositions. Obscur, visionnaire et expérimental, son nouvel album "At First Sight" est un témoignage de plus de l'étendue de son univers, dont les limites ne semblent définitivement pas fixées dans le temps ou l'espace. Jeff Mills poursuit son œuvre à l'instar d'un authentique créateur, dont les pièces sont de véritables actes d'art contemporain.

 

"J’aime les tracks minimaux simplement parce que c’est la manière la plus efficace de passer d’un titre à l’autre. Et j’aime l’urgence, les passages de dernière minute."

Cliquez sur cette photo pour lire un interview exclusif de JEFF MILLS

 

Par Guimsiking
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Vendredi 10 février 2006

Interview exclusive de Jeff Mills

    

      Pour tout amateur de ‘techno’ au sens large, Jeff Mills est un mythe de chair et de sang. On racontera sans doute ses performances dans les cabines de dj du monde entier à nos petits enfants, tel un Jimi Hendrix électronique (la comparaison tient plus pour la virtuosité que le mode de vie cependant). Mais Jeff est également un compositeur expérimenté, tant pour ses productions incendaires de Purpose Maker, que la musique cérébrale paraissant sur son autre structure Axis. Le dernier en date de ces projets, probablement le plus ambitieux, vient de voir le jour – la première mondiale avait lieu hier jeudi 14 septembre à Beaubourg -. Il s’agit de l’écriture de la bande son et une sorte de remix, un edit comme on dit techniquement, du chef d’œuvre de science fiction muet de Fritz Lang, « Metropolis ». L’histoire de ce film de 1926 est celui d’une révolte de travailleurs opprimés contre les gouvernants qui se la kiffent en haut des gratte-ciels de la mégalopole, visuellement incroyablement restituée. L’action a lieu en l’an 2000, on y est, et Jeff Mills nous parle sobrement et avec beaucoup de sensibilité et d’intelligence de ses relents gauchistes, de son rapport à une civilisation moderne et technologique, de sa vision de l’industrie du disque, et quand même un peu de ses techniques maintes fois reconnues de dj / showman en chef .


 


Déjà, comment as tu procédé pour venir à bien de ce projet ?

 

 

  (Il s’agit de l’écriture de la bande son et une sorte de remix, un edit comme on dit techniquement, du chef d’œuvre de science fiction muet de Fritz Lang, « Metropolis »)


      J’ai commencé par demander l’autorisation à l’organisation gérant les droits du film si je pouvais en réaliser une autre version. Avec l’équipe de Pilot Pictures qui s’est chargée du montage, nous avons regardé le film un nombre incroyable de fois. Nous avons alors choisi de le découper en huit sections différentes, et j’ai composé la musique de ces huit séquences, en prenant bien soin de les relier. J’aurais pu choisir d’y mettre des effets, comme si quelqu’un déplace un objet, illustrer ce bruit, mais ça aurait été plus anecdotique, et peut être trop évident, alors je me suis seulement concentré sur le sens du film, et que les effets de la musique soient plus insidieux, qu’ils agissent sans que l’on en soit vraiment conscient. J’ai du trancher parce que j’avais quarante versions différentes de la musique.



Pourquoi ce film ? Le message t’a-t-il touché ?

 

 

 


      C’est un truc très simple. L’action du film se passe autour de l’an 2000, et nous y sommes. Culturellement, c’est un film allemand très décrié par Hollywood à sa sortie, mais acclamé ailleurs. C’est un chef d’œuvre tant technique que poétique, de science fiction. L’histoire est émouvante, plus que jamais j’ai envie de dire. Ca se passe à Berlin où je suis maintenant installé. C’est la combinaison de toutes ces choses qui a fait que je l’ai choisi. Pour bien le comprendre, il faut replacer l’histoire dans son contexte. C’est après la Première Guerre Mondiale, les choses changeaient à grande vitesse, on sortait de deux révolutions industrielles qui avaient amené d’innombrables innovations techniques, dans tous les domaines. Des inventions accélérées par la guerre. Et je suis ébloui par l’imagination de Fritz Lang, le fait qu’il ne se soit pas trompé sur quelques éléments, comme une sorte de visiophone, ou ne serait ce que cette mégalopole impressionnante. Il a fait de brillants calculs. Ensuite, le message politique du film m’a sensibilisé. Le regard des ouvriers sur l’élite, et vice versa, c’est un thème universel. Et je pense que ça ne changera jamais malheureusement.



Pourquoi avoir réalisé un edit d’une heure du film, et pas la bande son de l’intégralité (deux heures et demi, ndr) ?

 

 

 


      C’est une question plus pratique qu’artistique. J’ai pensé que ça passerait mieux comme ça, et de toute façon le film a été complètement retravaillé.



En montant ce projet, tu apportes une preuve concrète d’une autre fonctionnalité de la musique électronique, sa capacité d’illustration.

 

 

 

 


Oui, j’ai pensé qu’il était temps de voir que la techno pouvait avoir bien d’autres applications que celle de faire danser les gens. L’industrie du cinéma est difficile à pénétrer, et je suis curieux de voir les réactions d’éventuels producteurs de films à ce projet. Je crois beaucoup à l’expansion de la musique électronique au delà de sa fonctionnalité première, et ce depuis toujours.



Il y a un sujet que l’on sait difficile à aborder avec toi, c’est celui d’Underground Resistance.

(sourire)

Je voulais avoir ton opinion sur l’affaire « Jaguar », ce maxi de UR signé Rolando que Sony Allemange a ressorti à peine remanié, et que la presse spécialisée a monté en épingle de façon surprenante.

 

 

 

 

 

 


      Toi aussi ça t’a surpris. Cette histoire permet de mesurer l’éthique de notre scène. C’est une leçon très intéressante pour nous tous. On nous rabâche les oreilles avec cet incident, malencontreux certes, mais qui arrive tout le temps. Moi même je peux me plaindre de nombreux plagiats ! Mais c’est Underground Resistance, alors c’est tout de suite sulfureux. Comprends moi bien : je trouve dommage qu’un artiste se fasse copier comme cela, et quelque soit l’artiste. Ce qui me choque, c’est que la presse va en parler comme d’un scandale, montrant qu’elle ignore que ça arrive tout le temps ! En plus ils oublient que la copie, l’imitation, selon la méthode et le degré, peuvent être de bonnes choses sur le plan artistique. J’appelle cela la transmission. C’est tout un pan de la culture électronique qui est concerné.



Tes productions sortent sur tes labels indépendants, et en licence sur de grandes compagnies. Tu as du avoir maintes propositions : pourquoi ne pas signer directement sur une major ?

 

 

 


      Les majors sont gigantesques, et je ne souhaite pas me perdre dans le flot de ces artistes qu’ils ‘développent’. Je préfère me développer moi même ! Les artistes indépendants sont aujourd’hui très au courant de la façon dont l’industrie fonctionne, nous avons détourné certaines techniques à notre avantage, et trouvé d’autres moyens très efficaces de se faire connaître, et donc de se mesurer à l’influence du marketing par exemple. Aujourd’hui internet est un bon biais pour contourner l’information distillée par les multinationales. Mais je ne suis pas foncièrement contre les majors du disque, certains artistes ne peuvent faire autrement que de signer chez eux.



La dernière fois que je t’ai interviewé, tu me parlais de ce que la technologie permettait aujourd’hui de faire, comment l’avion permet de se déplacer plus aisément. Mais n’est ce pas un système à deux vitesses : tout le monde, loin de là, ne peut se payer un billet d’avion pour le Japon !

 

 

 


      Oui, d’accord. Mais si tu compares à dix ans en arrière, ça devient quand même globalement de plus en plus facile. De Berlin tu peux aller à Tokyo pour 500 dollars ! Ca devient accessible, fréquent. Quand j’ai dit cela, je devais me projeter dans un avenir proche !



Les voyages forment la jeunesse paraît il, et l’inspiration aussi ?

 

 

 

 

      Voyager est essentiel pour un artiste, et ce pour une raison : se rendre compte de l’étendue d’une culture, de sa diversité, pour comprendre où l’on se situe en fait. Les Américains ne voyagent jamais, tu vois le résultat ! Et puis pour revenir à la question précédente, je me rends compte que plus le temps passe, plus j’ai d’argent, et moins j’en dépense. A 20 ans, je n’en avais pas, maintenant autre chose me préoccupe. L’argent que je peux dépenser dans les voyages, je ne le dépense pas ailleurs comme avant.



Parlons maintenant performance. Si je te dis que tu es un showman, tu me réponds quoi ?

 

 

 


      Je l’ai été. Je le suis peut être moins. Je ne sais pas pourquoi on me présente souvent comme ça. Aux Etas Unis, ce que je fais est la norme. Et en Europe, on me pose des questions sur la vitesse à laquelle je cale un disque. Je n’en suis pas si conscient. Dans le mix, ma main est sur le fader mais j’ai toujours la tête dans la caisse, à guetter la prochaine direction du set, deux, trois disques à l’avance. J’aime les tracks minimaux simplement parce que c’est la manière la plus efficace de passer d’un titre à l’autre. Et j’aime l’urgence, les passages de dernière minute. Mais ces derniers temps, j’apprécie beaucoup d’être à l’abri du public. Je n’aime pas quand les gens me regardent au lieu de danser.



Parles nous des techniques de mix qui te sont spécifiques.

 

 

 


      C’est plus dans la manière dont j’écoute la musique, et donc la manière d’exécuter un mix, quelles fréquences je vais enlever, celles que je vais laisser, l’équalisation en fait. Je laisse toujours les éléments percussifs le plus longtemps, ce sont ceux que je vais enlever en dernier. Je ne sais pas si les jeunes djs ont appris en regardant les danseurs, c’est cela qui m’a formé pour ainsi dire. Mais je crois qu’au cours des trois dernières années, le dj ‘moyen’ (sic) est devenu bien meilleur sur le plan technique.



Quels djs ont compté pour toi ?

 

 

 


      Oh là, il y en a plein. Whizkid, un gars de Tommy Boy, excellent. En vrac : Jazzy Jeff, Cash Money, Grand Master Flash, Larry Levan, des djs de radio de Chicago, ou de Kiss FM à New York.

 

 

 



Pas Mojo à Detroit ?

 

 

 


      Mojo était un selector pas un dj, la musique qu’il passait m’a influencé, mais ce n’était pas un technicien.



Continue ta petite liste si tu veux.

 

 

 


      Ouais. Bass Station, Dr Dre, Egyptian Lover sur la West Coast, Luke Skywalker de 2 Live Crew, la Miami bass, Tricky D, grosse influence, Tricky D. Tout cela se passait au même moment. Les années 80 furent une période faste pour apprendre à mixer. Il y a tellement de références.



Une question traditionnelle aux djs : à quelle heure préfères tu mixer ?

 

 

 


      Bizarrement, je préfère jouer le premier, être le chauffeur de salle. Souvent je joue tard, et je remarque certains qui fatiguent. Alors je m’éclate moins.



Tu as fait un set house en France il y a quelques mois. Ca t’a plu ?

 

 

 


      Tu sais, un tiers des disques que je joue est de la house. De la hard house certes, mais je considère que c’est de la house. Aujourd’hui on tente désespérément de séparer les deux courants, mais on n’y arrivera pas.



Telle n’était pas mon intention. Et quel est l’endroit où tu préfère jouer, ton meilleur souvenir de fête ?

 

 

 


     Il y en a beaucoup, mais il y a un endroit particulier en Hollande, Nine Megan (si j’ai pu choper l’orthographe exacte, ndr) une sorte de maison culturelle sponsorisée par l’Etat, et qui rassemble l’après midi un véritable mélange de gens, des jeunes, des vieux, des enfants, des noirs, des blancs. Je peux y jouer ce que je veux, les réactions sont excellentes, je m’y amuse beaucoup. J’y joue avec un dj local à chaque fois, c’est l’anti star system. C’est là que je m’éclate le plus.



Pour finir, as tu une dernière chose à ajouter ?


      Oui, peut être que ce projet ouvrira des portes à d’autres, du moins je l’espère. Dans les années 20, c’est un pianiste qui accompagnait la projection du film, et j’ai un peu l’impression d’être dans cette situation.

 

 

 

Par Guimsiking
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Usé par les hommes
Par le bruit qui rend fou
Usé par la vie
Par les hurlements
Usé par le silence
Usé par le vent
Usé par l'oubli
On oublie pourtant
Qu'un jour on s'est aimé,
Qu'un jour on a vécu,
Que la vie est passée,
Que le passé n'est plus
Qu'un jour on s'est aimé
Que ce jour n'est plus
Qu'une postérité
Noyée dans l'inconnu

Usé par un monde
Qu'on ne comprends plus
Qu'on a jamais compris
Mais qu'il continue
A tourner encore
A tourner toujours plus
A faire tourner la tête
A nos âmes perdues
A nos cœurs qui appellent
Et hurlent au secours
Mais non y a plus de ciel
Et non, y a plus d'amour
Et plus que des troupeaux
Des vendus, des vautours
Des vendeurs de merveilles
Des joueurs de tambours

Usé par l'avenir
Usé par un meilleur
Qui ressemble au pire
Et oui, ça fait mal au coeur !
Usé par l'ironie
Qui tua ma jeunesse
Usé par la comédie
Usé par les promesses
Usé par la folie
Usé par le dégoût
Usé d'être incompris
De marcher à genou
Usé par l'usure
Usé par les regrets
D'avoir fui l'aventure
D'avoir fui la beauté
Te voilà qui revient
Te voilà toi mon frère
Qui me dit prends ma main
Marchons vers la lumière

Et le coeur plein d'espoir
Et le coeur infini
On oublie qu'il fait noir
Alors enfin on vit
Et loin de leur tambours
Et loin de l'inhumain
On redevient fou à chaque matin
Un jour on s'est aimé
Et ce jour c'est demain
Un jour d'humanité
Un jour de gloire
Un jour on s'est aimé
Et ce jour c'est demain
Un jour d'humanité
Un jour d'humain

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