Au départ limité, le scandale a brutalement enflé. Depuis des mois, des rumeurs prétendent qu'un proche de Villepin, Jean-Louis Gergorin, serait à l'origine de dénonciations calomnieuses accusant des politiciens, dont le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, de posséder des comptes ouverts à l'étranger et notamment en Suisse par le biais de la société luxembourgeoise Clearstream. Pour retrouver l'auteur de ces accusations, la justice a perquisitionné le Ministère de la défense et le siège des services secrets (LT du 19.4.06).
Témoignage d'un général
Jeudi, après s'être longtemps tu, Villepin a publié un bref communiqué où il dément toute implication: «[...] On entend aujourd'hui certaines spéculations et des amalgames inacceptables: tout cela est choquant. Le premier ministre [...] ne peut accepter les rumeurs et les procès d'intention visant l'Etat, les institutions et les services de renseignement.» Vendredi matin, nouveau communiqué, cette fois beaucoup plus long. Villepin révèle qu'au cours d'une réunion organisée en janvier 2004 il a chargé un général des services de renseignement, Philippe Rondot, d'enquêter sur «l'existence de réseaux mafieux internationaux et d'intermédiaires pouvant nuire à notre sécurité nationale». Curieusement, il précise que Jean-Louis Gergorin, cadre de haut rang dans l'aéronautique, a participé à l'entretien. «Nous n'avons jamais parlé de Nicolas Sarkozy comme possible bénéficiaire de compte bancaire à l'étranger: je suis formel sur ce point», assure cependant le premier ministre.
Environ une heure après la diffusion du communiqué, le journal Le Monde est en vente dans les kiosques parisiens. On y trouve des extraits du témoignage que le général Rondot a livré à la justice. Stupeur: il ne correspond pas du tout à la version donnée par Dominique de Villepin. L'officier déclare en effet que Gergorin lui aurait remis, fin 2003, des documents présentés comme venant de Clearstream - on découvrira plus tard qu'ils ont été falsifiés - et mentionnant divers hommes politiques. Peu après, lors de la réunion avec Villepin, ce dernier lui aurait fait comprendre qu'il serait bon de «savoir si les personnalités citées possédaient effectivement un compte chez Clearstream».
Mais il y a pire encore. A l'issue de cet entretien, le général Rondot a rédigé une note qui a ensuite été saisie par la justice. Son contenu est explosif: «Enjeu politique: N. Sarkozy. Fixation sur N. Sarkozy (réf. conflit J. Chirac/N. Sarkozy).»
Pour saisir tout l'impact de ces révélations, il faut savoir que Le Monde entretient d'excellentes relations avec Nicolas Sarkozy. Le ministre de l'Intérieur s'est constitué partie civile dans ce dossier, ce qui permet à son avocat d'avoir accès aux pièces de l'instruction.
On sent bien que dans cette affaire quelque chose d'irréparable s'est produit. La mention de Jacques Chirac est particulièrement dommageable pour le chef de l'Etat, déjà affaibli politiquement. Vendredi, face à la gravité des événements, la présidence de la République a démenti «avoir demandé la moindre enquête visant des personnalités politiques dont le nom a pu être mentionné».
«Depuis son entrée en fonction, précise cette déclaration, le président de la République a agi pour la moralisation des marchés internationaux et pour la lutte contre les réseaux mafieux. Il a toujours donné à ses gouvernements successifs des orientations dans ce sens.» S'il s'avère que Dominique de Villepin a outrepassé ces instructions pour comploter contre Nicolas Sarkozy, ses jours au poste de premier ministre sont comptés.
Affaire Clearstream: le couple Chirac-Villepin en première ligne
Le Président et le Premier ministre ont formellement démenti avoir demandé une enquête confidentielle sur Nicolas Sarkozy dans le cadre de cette affaire de comptes occultes. Des informations révélées par le journal «Le Monde».
Au terme d'une journée agitée, reste pour l'instant deux hommes en ligne de mire et deux démentis, formulés quasiment instantanément. Tour à tour, Dominique de Villepin et Jacques Chirac ont nié vendredi avoir jamais ordonné d'enquêter confidentiellement sur Nicolas Sarkozy dans le cadre du second volet de l'affaire Clearstream - des dénonciations anonymes à l'encontre d'hommes politiques de droite ou de gauche, soupçonnés à tort de détenir des comptes occultes au sein de cette société de compensation luxembourgeoise.
Le président de la République, qui avait déjà dû monter en première ligne pour soutenir un Dominique de Villepin très isolé dans la tourmente du CPE, se voit obligé de s'expliquer sur un «complot» supposé impliquant le Premier ministre. Une double épreuve qui porte un nouveau coup au couple exécutif, pris dans la spirale de l'impopularité. Et qui relance toutes les spéculations sur un remaniement gouvernemental, qui pourrait commencer par Matignon.
Les interventions de Dominique de Villepin et de Jacques Chirac ont donc été contraintes par le pavé lancé à la mi-journée par le journal «Le Monde». Dans son édition datée de samedi, le quotidien confirme que Dominique de Villepin aurait bien demandé en janvier 2004, alors qu'il était ministre des Affaires étrangères, une enquête confidentielle sur l'affaire. Mais surtout, le journal ajoute que le nom de Nicolas Sarkozy, faussement accusé de posséder des comptes bancaires à l'étranger, avait été évoqué et que ce dernier était donc visé par cette enquête, après des instructions données par l'Elysée.
«Le Monde» se base sur le témoignage de l'ancien agent secret, le général Philippe Rondot, livré le 28 mars aux juges chargés de l'instruction sur la manipulation de l'affaire Clearstream. Selon les extraits de l'audition, Rondot affirme que Dominique de Villepin lui a ordonné, en janvier 2004, une enquête confidentielle à partir de listings remis par l'un de ses proches, Jean-Louis Gergorin. Evoquant une réunion tenue le 9 janvier 2004 au quai d'Orsay, l'officier affirme que «le nom de M. Sarkozy» y fut bel et bien «évoqué». Une note saisie au domicile de Rondot l'atteste, où le général résume son entretien avec Villepin en ces termes: «Enjeu politique: N. Sarkozy. Fixation sur N. Sarkozy (ref. conflit J. Chirac/N. Sarkozy)». Selon le témoignage de Rondot, le futur Premier ministre lui aurait demandé, sur les «instructions» du chef de l'Etat, d'outrepasser les limites fixées à son enquête par le cabinet de Mme Alliot-Marie en explorant la piste des hommes politiques cités. Devant les juges, le général a, de fait, reconnu avoir menti sur ce point. Il dit en tout cas avoir conclu à l'existence d'un «montage» dès le printemps 2004.
Dominique de Villepin se retrouve donc aujourd'hui en première ligne, alors que l'entourage de Nicolas Sarkozy répète depuis plusieurs jours que le ministre de l'Intérieur a été victime d'un complot visant à l'écarter de la course présidentielle et muliplie les sous-entendus sur le rôle du Premier ministre dans le scandale. Vendredi matin, dans «le Figaro», le Premier ministre disait avoir effectivement commandé ces vérifications à Rondot, mais assurait que celles-ci excluaient toute personnalité politique…
En déplacement en Corse, le ministre de l'Intérieur a refusé de commenter directement le témoignage du général Rondot. «Ce que j'avais à dire, je l'ai dit hier soir [jeudi] aux Français à la télévision», a-t-il seulement déclaré.
Clearstream : Villepin contre-attaque
Devant l'Assemblée nationale, Dominique de Villepin s'est dit victime d'une «campagne de calomnie et de mensonges ignoble» • Il assuré que «rien ne le détournera de son devoir de Premier ministre».
«Cela fait 30 ans que je sers mon pays. J'ai été victime au cours des derniers jours d'une campagne de calomnie et de mensonges ignoble, une campagne qui m'a profondément choqué et blessé». Mis en cause dans l'affaire Clearstream, Dominique de Villepin a choisi de contre-attaquer mardi à l'Assemblée nationale, lors d'une séance très chahutée. Devant les députés, il a assuré que «rien ne (le) détournera de son devoir comme Premier ministre», déclarant à plusieurs reprises : «trop, c'est trop».
Alors que le journal «Le Monde» avait publié la semaine dernière le PV d'une audition du général Rondot, l'ancien conseiller pour le renseignement, qui suggérait que le Premier ministre avait demandé une enquête sur le rôle de Nicolas Sarkozy dans cette affaire de comptes occultes, le Premier ministre a donc choisi de se poser en victime. Répondant à une interpellation de François Hollande, qui lui demandait quand il allait «tirer les conséquences de cette situation», Villepin a tiré à boulets rouges sur le premier secrétaire du PS, l'accusant de «perdre son sang froid» et de «hurler avec les loups". Sous les huées de l'opposition et alors que certains élus PS scandaient «démission !», le Premier ministre s'est même permis de railler François Hollande: «décidément vous n'avez pas beaucoup d'expérience ! Vous n'avez jamais exercé de responsabilité dans l'Etat à quelque niveau que ce soit. Cela se voit et cela s'entend !».
«J'accepte les critiques, les désaccords, les différends mais il y a une chose que je n'accepterai jamais ni aujourd'hui, ni demain, ni pour moi, ni pour personne, c'est que la calomnie, la dissimulation l'emportent sur la vérité», a ajouté le Premier ministre. Entrer dans «la logique des boucs émissaires ne vous grandit pas, M. Hollande. Votre famille politique a eu son lot d'affaires, n'en avez-vous tiré aucune leçon ?», a-t-il encore lancé, déplorant des «insinuations» et déclarations «accusatoires» qui «ne peuvent faire que le jeu des extrêmes».
En fin de matinée, le Premier ministre s'était rendu à un bureau du groupe des députés UMP, qui avait pris des allures de Fort Knox. «Dominique de Villepin veut la vérité», avait rapporté à l'issue de cette première réunion de la journée le député villepiniste Hervé Mariton. «Le Premier ministre a été mis en cause, blessé et souhaite que la vérité se manifeste. La manière dont la polémique a été instrumentalisée et orchestrée, y compris par l'opposition, est grave, c'est une vraie menace pour notre démocratie», avait poursuivi l'élu de la Drôme. «Il est essentiel de répondre à la crise», aurait déclaré Dominique de Villepin «pour avoir une chance de gagner en 2007».
Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui s'est exprimé lors de cette réunion après le départ du Premier ministre, a de son côté affirmé être «déterminé» à «aller jusqu'au bout» pour «connaître la vérité» sur l'affaire Clearstream. Mais il n'entend «pas déclencher une crise politique sur des faits non avérés», ont rapporté des participants.
Dans la matinée, sur Europe 1, le locataire de Matignon avait d'ailleurs exclu de quitter son poste. «Un gouvernement, ça traverse des épreuves, ça les surmonte. (…) Rien ne justifie aujourd'hui un départ. (…) On m'a accusé injustement, sur la base de déclarations qui ont été tronquées (…) Je n'ai jamais demandé qu'on enquête sur une quelconque personnalité politique, qu'elle soit de droite ou de gauche». A propos de son ministre de l'Intérieur, il a assuré qu'«il n'y a jamais eu d'enquête le concernant». Le Premier ministre a par ailleurs affirmé être prêt à apporter son «concours à la justice en répondant à ses éventuelles questions. Je suis à sa disposition si elle le souhaite».
LIBERATION.FR : mardi 02 mai 2006
Affaire Clearstream :
DSK se porte partie civile
Dominique Strauss-Kahn se constitue à son tour, après Nicolas Sarkozy, partie civile dans ce qui est convenu d'appeler l'affaire Clearstream. Il s'agit de cette opération de désinformation montée de toute pièce en 2004: un ou plusieurs corbeaux ont dénoncé de nombreux individus et hommes politiques parmi lesquels, en France, Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn, Jean-Pierre Chevènement et Alain Madelin, pour accuser de détenir des comptes en banque occultes dans des banques étrangères pour récupérer des commissions des ventes d'armes à l'étranger. Nicolas Sarkozy a reproché à Dominique de Villepin, alors qu'il était ministre de l'Intérieur, de ne pas avoir fait état d'information de la DST selon lesquelles ces informations étaient complètement infondées. Certains, dans son entourage, n'excluent pas que le Premier ministre n'ait pu avoir joué un rôle dans cette affaire, ne serait-ce que par sa passivité.
Perquisitions
Les juges Henry Pons et Jean-Marie D'Huy conduisent leur instruction pour dénonciation calomnieuse.
Ils ont, depuis quelques semaines, perquisitionné dans les endroits les plus secrets de l'Etat: à la DGSE, à la maison de campagne du général Rondot, retraité des services secrets ainsi qu'Alain Juillet, ancien numéro 2 de la DGSE, conseiller du Premier ministre pour les affaires de renseignement. Jeudi dernier, les deux juges ont même perquisitionné le bureau de Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense. De source proche des juges, tout pourrait s'accélérer. Il n'est cependant pas question, à court terme, d'une perquisition à Matignon. C'est dans ce contexte que Dominique Strauss-Kahn s'est constitué partie civile, de peur peut-être que Nicolas Sarkozy se montre moins offensif vis-à-vis du Premier ministre dans le contexte politique actuel.
Les grandes dates de l'affaire Clearstream
Affaire Clearstream : tout, et son contraire
Jamais, jusqu’ici, déposition d’un agent secret n’avait été aussi peu protégée. A croire que le bureau des juges d’instruction Jean-Marie d’Huy et Henri Pons avait des «oreilles», le 26 mars dernier. Ce qui est un comble, et tout aussi inquiétant. Pas seulement pour la DGSE ou pour la DST. Car quel est donc l’ange gardien qui, chaque matin, alimente le quotidien du boulevard Auguste Blanqui? Quel est ce Zorro des temps modernes qui écoute aux portes des cabinets et s’abreuve des secrets de l’instruction en toute impunité?
Qui ment? La rumeur ou le gouvernement? Et, tandis que Michèle Alliot-Marie rase les murs, depuis que l’on a appris qu’elle avait été informée par son «gradé», on se demande quelle sera la nouvelle révélation?
Mais à quel drôle de jeu se livrait donc le ministre des Affaires étrangères d’il y a deux ans, aujourd’hui chef du gouvernement? Pourquoi, et dans quel but le quai d’Orsay faisait-il du renseignement? Sous quelle autorité, et avec quelle légitimité? Et qui ment désormais? Un général sénile ou un énarque distingué?
Mais qui parle de mentir? A l’entendre parler avec autant d’assurance, Dominique de Villepin serait-il cet homme du midi dont parlait Alphonse Daudet? Cet homme qui ne ment jamais, mais qui se trompe? " Il ne dit pas toujours la vérité, mais il croit la dire... Son mensonge à lui, ce n’est pas du mensonge, c’est une espèce de mirage..." Cet homme-là serait-il tout autant Tartarin de Tarascon que Galouzeau de Villepin?
Reste que les contradictions du Premier ministre sont «énormes» dans ce dossier, tout comme les révélations et les dégâts dans l’opinion. Quant à la justice, panier percé des auditions, elle ne sort pas grandie de ces accusations. Le pouvoir exécutif et l’autorité judiciaire dans le même panier! Il faut se pincer pour ne pas croire désormais à la... machination.
Sondage: quatre Français sur dix pensent que l'affaire Clearstream est grave
PARIS (AP) -- Plus de quatre Français sur dix pensent que l'affaire Clearstream est "très grave ou plutôt grave", mais ils sont près d'un sur deux à penser que Dominique de Villepin n'a pas pour autant à démissionner, selon un sondage CSA pour "Le Parisien/Aujourd'hui en France" et I-Télé publié jeudi.
Selon ce sondage, 43% des Français pensent que l'affaire Clearstream est "très grave ou plutôt grave". Ils sont 37% à ne pas se prononcer sur la question, tandis que 20% pensent que cette affaire est "plutôt pas grave ou pas grave du tout".
Par ailleurs, 46% des sondés souhaitent que le Premier ministre Dominique de Villepin reste à son poste. Ils sont 33% à souhaiter sa démission et 21% à ne pas se prononcer.
Ils sont également 66% à penser "qu'il faut respecter le calendrier parce que des décisions politiques importantes" pourront être prises d'ici à l'an prochain. Mais 27% pensent qu'il faut avancer l'échéance.
-Sondage CSA réalisé par téléphone le 3 mai auprès d'un échantillon national représentatif de 913 de personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. AP
L'affaire Clearstream révèle des "dysfonctionnements majeurs", selon Hervé Morin
PARIS (AP) -- Le président du groupe UDF à l'Assemblée nationale Hervé Morin a observé vendredi matin qu'il y avait eu "des dysfonctionnements majeurs" dans l'affaire Clearstream.
"Il y a eu des dysfonctionnements majeurs parce que, a priori, ce n'est pas au ministre des Affaires étrangères de lutter contre le terrorisme et de faire appel aux services des renseignements, ça dépend du Premier ministre", a-t-il expliqué sur France-2.
"Normalement, tout ça remonte à Matignon parce que ça relève de trois ministères, qui sont le ministère de la Défense, le ministère des Affaires étrangères et le ministère de l'Intérieur", a poursuivi Hervé Morin.
Il a "souhaité qu'on ait un peu de sérénité sur cette affaire et qu'on ne condamne pas les personnes avant que les éléments clairs aient été prouvés et notamment par les magistrats". "Qu'on donne à la justice les moyens de pouvoir dire aux Français rapidement ce qui se cache derrière tout ça", a-t-il plaidé.
"Il faut modifier en profondeur les institutions, avec un pouvoir exécutif qui soit fort, mais aussi un pouvoir législatif et un pouvoir judiciaire qui soient assez forts pour que nos compatriotes se disent, dans ce système-là, on n'est pas dans l'opacité, entre copains", a estimé le député de l'Eure.
Il a par ailleurs déploré que le président Jacques Chirac soit "un peu comme l'archange, descendant de temps à autre sur terre pour donner son message à nos compatriotes". "Il faut un chef d'Etat qui prenne des risques, qui est responsable".
Enfin, Hervé Morin a observé que l'affaire Clearstream "arrange" le camp sarkozyste. "Comme le Premier ministre a déjà eu une balle dans la jambe droite avec le CPE, on lui met une deuxième balle dans la jambe gauche maintenant avec cette histoire Clearstream".
Clearstream: le PS menace de déposer une motion de censure
Si rien n'est fait d'ici la fin de la semaine prochaine pour sortir de la crise liée de l'affaire Clearstream, les socialistes pourraient déposer une motion de censure, a annoncé samedi François Hollande.
"Il ne sera pas possible de laisser le gouvernement dans la situation d'aujourd'hui", a déclaré à la presse le premier secrétaire du PS après avoir conclu les états généraux du projet socialiste, au palais des congrès de Bordeaux-Lac.
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